16 novembre 2006

Quelle est l'origine de l'art ?

Il y a deux causes, et deux causes naturelles, qui semblent, absolument parlant, donner naissance à la poésie.

Le fait d'imiter est inhérent à la nature humaine dès l'enfance; et ce qui fait différer l'homme d'avec les autres animaux, c'est qu'il est le plus enclin à l'imitation : les premières connaissances qu'il acquiert, il les doit à l'imitation, et tout le monde goûte les imitations.

La preuve en est dans ce qui arrive à propos des œuvres artistiques; car les mêmes choses que nous voyons avec peine, nous nous plaisons à en contempler l'exacte représentation, telles, par exemple, que les formes des bêtes les plus viles et celles des cadavres.

Cela tient à ce que le fait d'apprendre est tout ce qu'il y a de plus agréable, non seulement pour les philosophes, mais encore tout autant pour les autres hommes; seulement ceux-ci ne prennent qu'une faible part à cette jouissance.

Et en effet, si l'on se plaît à voir des représentations d'objets, c'est qu'il arrive que cette contemplation nous instruit et nous fait raisonner sur la nature de chaque chose, comme, par exemple, que tel homme est un tel; d'autant plus que si, par aventure, on n'a pas prévu ce qui va survenir, ce ne sera pas la représentation qui produira le plaisir goûté, mais plutôt l'artifice ou la couleur, ou quelque autre considération.

Comme le fait d'imiter, ainsi que l'harmonie et le rythme, sont dans notre nature (je ne parle pas des mètres qui sont, évidemment, des parties des rythmes), dès le principe, les hommes qui avaient le plus d'aptitude naturelle pour ces choses ont, par une lente progression, donné naissance à la poésie, en commençant par des improvisations.

Aristote, La Poétique, chapitre IV,
traduction Ch-Émile Ruelle (Garnier Frères, 1883).

09 octobre 2006

L'enthousiasme

ION. — [...] J’ai conscience que je parle le mieux du monde sur Homère, que je suis plein de ce sujet, que tous disent que je parle bien de lui, mais non des autres. Vois donc quel peut en être la cause.

SOCRATE. — Je la vois, Ion, et je vais t’expliquer quelle elle est, à mon avis. Il existe, en effet, chez toi une faculté de bien parler de Homère, qui n’est pas un art, au sens où je le disais à l’instant, mais une puissance divine qui te meut et qui ressemble à celle de la pierre nommée par Euripide pierre magnétique et par d’autres pierre d’Héraclée. Cette pierre non seulement attire les anneaux de fer eux-mêmes, mais encore leur communique la force, si bien qu’ils ont la même puissance que la pierre : celle d’attirer d’autres anneaux; en sorte que parfois des anneaux de fer en très longue chaîne sont suspendus les uns aux autres; mais leur force à tous dépend de cette pierre. Ainsi la Muse crée-t-elle des inspirés et, par l’intermédiaire de ces inspirés, une foule d’enthousiastes se rattachent à elle. Car tous les poètes épiques disent tous leurs beaux poèmes non en vertu d’un art, mais parce qu’ils sont inspirés et possédés, et il en est de même pour les bons poètes lyriques. Tels les corybantes dansent lorsqu’ils n’ont plus leur raison, tels les poètes lyriques lorsqu’ils n’ont plus leur raison, créent ces belles mélodies; mais lorsqu’ils se sont embarqués dans l’harmonie et la cadence, ils se déchaînent et sont possédés. Telles les bacchantes puisent aux fleuves le miel et le lait quand elles sont possédées, mais ne le peuvent plus quand elles ont leur raison; tels les poètes lyriques, dont l’âme fait ce qu’ils nous disent eux-mêmes. Car ils nous disent, n’est-ce pas, les poètes, qu’à des fontaines de miel dans les jardins et les vergers des Muses, ils cueillent leurs mélodies pour nous les apporter, semblables aux abeilles, ailés comme elles; ils ont raison, car le poète est chose ailée, légère, et sainte, et il est incapable de créer avant d’être inspiré et transporté et avant que son esprit ait cessé de lui appartenir; tant qu’il ne possède pas cette inspiration, tout homme est incapable d’être poète et de chanter. Ainsi donc, comme ils ne composent pas en vertu d’un art, quand ils disent beaucoup de belles choses sur les sujets qu’ils traitent, comme toi sur Homère, mais en vertu d’un don divin, chacun n’est capable de bien composer que dans le genre vers lequel la Muse l’a poussé, l’un dans les dithyrambes, l’autre dans les éloges, l’autre dans les hyporchèmes, l’autre dans la poésie épique, l’autre dans les ïambes; dans les autres genres, chacun ne vaut rien. Ils parlent en effet, non en vertu d’un art, mais d’une puissance divine; car s’ils étaient capables de bien parler en vertu d’un art, ne fût-ce que sur un sujet, ils le feraient sur tous les autres à la fois. Et le but de la divinité, en enlevant la raison à ces chanteurs et à ces prophètes divins et en se servant d’eux comme des serviteurs, c’est que nous, les auditeurs, nous sachions bien que ce ne sont pas eux les auteurs d’œuvres si belles, eux qui sont privés de raison, mais que c’est la divinité elle-même leur auteur, et que par leur organe, elle se fait entendre à nous.

Platon, Ion,
traduction L. Mertz (1903).

06 octobre 2006

Bibliographie

  • ARISTOTE, Poétique, coll. Mille et une Nuits, 1999 (Prix éditeur : 2,5 € !)
  • BENJAMIN W., Écrits français, Folio Essais, Gallimard, 2003 (lire l’article intitulé «L’œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée»). Ce texte est également accessible sur le web (gratuitement) à l’adresse suivante.
  • DIDEROT, Œuvres esthétiques, Classiques Garnier, 1999
  • FREUD, Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci, Folio bilingue, Gallimard, 1991
  • HEGEL, Introduction à l'esthétique, Le beau, coll. Champs, Flammarion, 1997
  • HEIDEGGER, Chemins qui ne mènent nulle part, coll. Tel, Gallimard, 1986
  • KANDINSKY, Du Spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, Folio Essais, Gallimard, 1989
  • KANT, Critique de la faculté de juger, Bibliothèque des textes philosophiques, Vrin, 2000
  • LACOSTE J., La Philosophie de l’art, coll. Que sais-je?, PUF, 2002
  • MERLEAU-PONTY, L’Œil et l’Esprit, Folio Essais, Gallimard, 1985
  • MERLEAU-PONTY, Le Visible et l’Invisible, coll. Tel, Gallimard, 1979
  • NIETZSCHE, La Naissance de la tragédie, Classiques de la philosophie, Le Livre de poche, 1997
  • NIETZSCHE, Le cas Wagner; Nietzsche contre Wagner, Folio Essais, Gallimard, 1991
  • PLATON, Le Banquet, coll. Mille et une Nuits, 1999
  • PLATON, Hippias majeur, Classiques de la philosophie Hatier, 2001
  • PLATON, La République, principalement les livres III et X, coll. GF, Flammarion, 2002
  • PLOTIN, Ennéades, coll. Agora, Pocket, 1991
  • SCHOPENHAUER, Esthétique et Métaphysique, Classiques de la philosophie, Le Livre de poche, 1999

03 juin 2006

Du je-ne-sais-quoi

Il y a quelquefois dans les personnes ou dans les choses un charme invisible, une grâce naturelle qu'on n'a pu définir, et qu'on a été forcé d'appeler le je-ne-sais-quoi. Il me semble que c'est un effet principalement fondé sur la surprise. Nous sommes touchés de ce qu'une personne nous plaît plus qu'elle ne nous a paru d'abord devoir nous plaire; et nous sommes agréablement surpris de ce qu'elle a su vaincre des défauts que nos yeux nous montrent, et que le coeur ne croit plus. Voilà pourquoi les femmes laides ont très souvent des grâces, et qu'il est rare que les belles en aient. Car une belle personne fait ordinairement le contraire de ce que nous avions attendu : elle parvient à nous paraître moins aimable; après nous avoir surpris en bien, elle nous surprend en mal; mais l'impression du bien est ancienne, celle du mal nouvelle : aussi les belles personnes font-elles rarement les grandes passions, presque toujours réservées à celles qui ont des grâces, c'est-à-dire des agréments que nous n'attendions point, et que nous n'avions point sujet d'attendre. Les grandes parures ont rarement de la grâce, et souvent l'habillement des bergères en a. Nous admirons la majesté des draperies de Paul Véronèse; mais nous sommes touchés de la simplicité de Raphaël et la pureté du Corrège. Paul Véronèse promet beaucoup, et paie ce qu'il promet. Raphaël et le Corrège promettent peu, et paient beaucoup; et cela nous plaît davantage.

Montesquieu, Essai sur le goût (1757).

Ce que c'est que le beau

SOCRATE. — [...] Il n’y a pas longtemps, mon cher ami, que, causant avec quelqu’un, et blâmant certaines choses comme laides, et en approuvant d’autres comme belles, il m’a jeté dans un grand embarras par ses questions impertinentes. « Socrate, m’a-t-il dit, d’où connais-tu donc les belles choses et les laides ? Voyons un peu : pourrais-tu me dire ce que c’est que le beau ? » Moi, je fus assez sot pour demeurer interdit, et je ne sus quelle bonne réponse lui faire. Au sortir de cet entretien, je me suis mis en colère contre moi-même, me reprochant mon ignorance, et me suis bien promis que par le premier d’entre vous, les sages que je rencontrerais, je me ferais instruire, et qu’après m’être bien exercé, j’irais retrouver mon homme et lui présenter de nouveau le combat. Ainsi, tu viens, comme je disais, fort à propos. Enseigne-moi à fond, je te prie, ce que c’est que le beau, et tâche de me répondre avec la plus grande précision, de peur que cet homme ne me confonde de nouveau, et que je ne me rende ridicule pour la seconde fois. Car sans doute tu sais tout cela parfaitement; et, parmi tant de connaissances que tu possèdes, celle-ci est apparemment une des moindres ?

HIPPIAS. — Oui, Socrate, une des moindres; ce n’est rien en vérité.

SOCRATE. — Tant mieux, je l’apprendrai facilement, et personne désormais ne se moquera de moi.

HIPPIAS. — Personne, j’en réponds. Ma profession, sans cela, n’aurait rien que de commun et de méprisable.

SOCRATE. — Par Héra, tu m’annonces une bonne nouvelle, Hippias, s’il est vrai que nous puissions venir à bout de cet homme. Mais ne te gênerai-je pas si, faisant ici son personnage, j’attaque tes discours à mesure que tu répondras, afin de m’exercer davantage ? Car je m’entends assez à faire des objections; et, si cela t’est indifférent, je veux te proposer mes difficultés, pour être plus ferme dans ce que tu m’apprendras.

HIPPIAS. — Argumente, j’y consens : aussi bien, comme je t’ai dit, cette question n’est pas d’importance et je te mettrais en état d’en résoudre de bien plus difficiles, de façon qu’aucun homme ne pourrait te réfuter.

SOCRATE. — Tu me charmes, en vérité. Allons, puisque tu le veux bien, je vais me mettre à sa place, et tacher de t’interroger. Car si tu récitais en sa présence ce discours que tu as, dis-tu, composé sur les belles occupations, après l’avoir entendu, et au moment que tu cesserais de parler, il ne manquerait pas de t’interroger avant toutes choses sur le beau (car telle est sa manie), et il te dirait : « Étranger d’Élis, n’est-ce point par la justice que les justes sont justes ? » Réponds, Hippias, comme si c’était lui qui te fit cette demande.

HIPPIAS. — Je réponds que c’est par la justice.

SOCRATE. — La justice n’est-elle pas quelque chose de réel ?

HIPPIAS. — Sans doute.

SOCRATE. — N’est-ce point aussi par la sagesse que les sages sont sages, et par le bien que tout ce qui est bien est bien ?

HIPPIAS. — Assurément.

SOCRATE. — Cette sagesse et ce bien sont des réalités, car il n’y aurait, sinon, rien de tout cela ?

HIPPIAS. — Ce sont des réalités.

SOCRATE. — Toutes les belles choses pareillement ne sont-elles point belles par le beau ?

HIPPIAS. — Oui. Par le beau.

SOCRATE. — Ce beau est aussi quelque chose de réel, sans doute ?

HIPPIAS. — Certainement. Comment pourrait-il en être autrement ?

SOCRATE. — Étranger, poursuivra-t-il, dis-moi donc ce que c’est que le beau.

HIPPIAS. — Celui qui fait cette question, Socrate, veut qu’on lui apprenne ce qui est beau ?

SOCRATE. — Ce n’est pas là ce qu’il demande, ce me semble, Hippias, mais ce que c’est que le beau.

HIPPIAS. — Et quelle différence y a-t-il entre ces deux questions ?

SOCRATE. — Tu n’en vois pas ?

HIPPIAS. — Non, je n’en vois aucune.

SOCRATE. — Il est évident que tu en sais davantage que moi. Cependant fais attention, mon cher. Il te demande, non pas ce qui est beau mais ce que c’est que le beau.

HIPPIAS. — Je comprends, mon cher ami : je vais lui dire ce que c’est que le beau, et il n’aura rien à répliquer. Tu sauras donc, puisqu’il faut te dire la vérité, que le beau, c’est une belle jeune fille.

Platon, Hippias majeur, 286c-287e, traduction anonyme.

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Le beau est toujours bizarre

Tout le monde conçoit sans peine que, si les hommes chargés d'exprimer le beau se conformaient aux règles des professeurs-jurés, le beau lui-même disparaîtrait de la terre, puisque tous les types, toutes les idées, toutes les sensations se confondraient dans une vaste unité, monotone et impersonnelle, immense comme l'ennui et le néant. La variété, condition sine qua non de la vie, serait effacée de la vie. Tant il est vrai qu'il y a dans les productions multiples de l'art quelque chose de toujours nouveau qui échappe éternellement à la règle et aux analyses de l'école ! L'étonnement, qui est une des grandes jouissances causées par l'art et la littérature, tient à cette variété même des types et des sensations. — Le professeur-juré, espèce de tyran-mandarin, me fait toujours l'effet d'un impie qui se substitue à Dieu.

J'irai encore plus loin, n'en déplaise aux sophistes trop fiers qui ont pris leur science dans les livres, et, quelque délicate et difficile à exprimer que soit mon idée, je ne désespère pas d'y réussir. Le beau est toujours bizarre. Je ne veux pas dire qu'il soit volontairement, froidement bizarre, car dans ce cas il serait un monstre sorti des rails de la vie. Je dis qu'il contient toujours un peu de bizarrerie, de bizarrerie naïve, non voulue, inconsciente, et que c'est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement le Beau. C'est son immatriculation, sa caractéristique. Renversez la proposition, et tâchez de concevoir un beau banal ! Or, comment cette bizarrerie, nécessaire, incompressible, variée à l'infini, dépendante des milieux, des climats, des mœurs, de la race, de la religion et du tempérament de l'artiste, pourra-t-elle jamais être gouvernée, amendée, redressée, par les règles utopiques conçues dans un petit temple scientifique quelconque de la planète, sans danger de mort pour l'art lui-même? Cette dose de bizarrerie qui constitue et définit l'individualité, sans laquelle il n'y a pas de beau, joue dans l'art (que l'exactitude de cette comparaison en fasse pardonner la trivialité) le rôle du goût ou de l'assaisonnement dans les mets, les mets ne différant les uns des autres, abstraction faite de leur utilité ou de la quantité de substance nutritive qu'ils contiennent, que par l'idée qu'ils révèlent à la langue.

Charles Baudelaire, Curiosités esthétiques (1855).

13 mai 2006

L'artiste ne produit que des fantômes

SOCRATE. — [...] Quel est le but de la peinture ? Est-ce de représenter ce qui est tel qu'il est, ou ce qui paraît tel qu'il paraît ? Est-elle l'imitation de l'apparence ou de la réalité ?

GLAUCON. — De l'apparence.

L'art d'imiter est donc bien éloigné du vrai; et la raison pour laquelle il fait tant de choses est qu'il ne prend que la plus petite partie de chacune; encore ce qu'il en prend n'est-il qu'un fantôme. Le peintre, par exemple, nous représentera un cordonnier, un charpentier, ou tout autre artisan, sans avoir aucune connaissance de leur métier. Malgré cela, s'il est excellent peintre, il fera illusion aux enfants et au vulgaire ignorant, en leur montrant de loin un charpentier qu'il aura peint, de sorte qu'ils prendront l'imitation pour la vérité.

— Assurément.

— Ainsi, mon cher ami, lorsque quelqu'un viendra nous dire qu'il a trouvé un homme qui sait tous les métiers, qui réunit en lui seul dans un degré éminent toutes les connaissances partagées entre les autres hommes, il faudra lui répondre qu'il est dupe; qu'il s'est laissé tromper par un magicien, par un imitateur qu'il a pris pour un habile homme, faute de pouvoir distinguer la vraie science de l'ignorance qui sait la contrefaire.

— Cela est très vrai.

— Il nous reste maintenant à examiner la tragédie, et Homère, qui en est le père. Comme nous entendons dire tous les jours à certaines gens que les poètes tragiques sont très versés dans tous les arts, dans toutes les sciences humaines qui ont pour objet le vice et la vertu, et même dans tout ce qui concerne les dieux; qu'il est nécessaire à un bon poète d'être parfaitement instruit des sujets qu'il traite, s'il veut les traiter avec succès; qu'autrement il lui est impossible de réussir : c'est à nous de voir si ceux qui parlent de la sorte ne se sont pas laissé tromper par cette espèce d'imitateurs; si leur erreur ne vient pas de ce qu'en voyant les productions de ces poètes, ils ont oublié de remarquer qu'ils sont éloignés de trois degrés de la réalité, et que, sans connaître la vérité, il est aisé de réussir dans ces sortes d'ouvrages qui, après tout, ne sont que des fantômes où il n'y a rien de réel; ou s'il y a quelque chose de vrai dans ce que ces personnes disent, et si en effet les bons poètes entendent les matières sur lesquelles le commun des hommes juge qu'ils ont bien écrit.

— C'est ce qu'il nous faut examiner avec soin.

— Crois-tu que, si quelqu'un était également capable de faire la représentation d'une chose, ou la chose même représentée, il préférât consacrer ses talents et sa vie à ne faire que des images vaines, comme s'il ne pouvait employer son temps à rien de mieux ?

— Je ne le crois pas.

— Mais, s'il était réellement versé dans la connaissance de ce qu'il imite, je pense qu'il aimerait mieux s'appliquer à produire de lui-même qu'à imiter ce que fait autrui; qu'il essayerait de se signaler en laissant après lui, comme autant de monuments, un grand nombre de travaux et de beaux ouvrages; en un mot, qu'il préférerait mériter les éloges des autres que de leur en donner.

Platon, La République, livre X, 598b-599b,
traduction Dacier et Grou révisée par É. Saisset (1869).

Place aux textes !

Bienvenue à mes étudiants de l'Icart, qui trouveront sur ce blog les textes sur lesquels nous travaillerons en cours, ainsi qu'un certain nombre de ressources se rapportant à l'esthétique ou à la philosophie de l'art.

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Comme tout blog qui se respecte, celui-ci permet de laisser à son auteur des commentaires.

Remarques, interrogations ou objections, je tâcherai d'y répondre en classe ou ici même, dans des délais raisonnables.

Maintenant, place aux textes !